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Le petit mot du Comité à tout nouveau pratiquant.
"L'APPRENTI GUERRIER"
Dès son arrivée dans le Dojo, le débutant se surestime et pense
arriver rapidement au plus haut sommet. Dans son imagination, tout semble
facile. Avant d'étudier, il devra purifier sa pensée et faire preuve
d'humilité afin de combattre la vanité, l'orgueil, la présentation, etc...
qui sont des freins pour entrer dans le monde du savoir. Bien vite, il
s'apercevra qu'il ne peut évoluer que grâce à l'énergie que lui communique
son professeur. Enveloppé dans le groupe, il lui semblera qu'il est fort
alors qu'il est porté par le souffle issu de l'unité du cours.
Une petite preuve telle que exécuter un kata lors d'un passage de
grade devant son professeur le remettra vite face à la réalité, tout en
sachant qu'il est impardonnable de se laisser abattre par les épreuves.Le
débutant est souvent assailli de doutes et de questions. Cette étape est
normale. Il apprend des modules de base que l'on nomme blocages en raison
d'une mauvaise traduction du mot "KI-HON" qui signifie répéter les bases
avec énergie. II ne faut pas qu'il cherche à identifier ses mouvements à
une quelconque réalité. Ces bases sont universelles et serviront plus tard
à d'infinies combinaisons de mouvements possibles. Le débutant en karaté
se trouve dans la même position que l'apprenti musicien qui d'abord
apprend inlassablement le solfège. II monte et descend les gammes et, en
même temps, il voudrait déjà donner un récital. Il est important pour lui
de ne pas brûler les étapes. Ce serait se limiter très tôt à faire un
simple plagiat et il ne pourrait jamais ni créer, ni trouver sa
personnalité propre.
Le débutant doit avant tout apprendre à être un homme libre. Il
doit apprendre à s'ouvrir pour bien recevoir l'enseignement qui lui est
transmis. Pendant son apprentissage, son esprit doit être pur et libre de
tout "parasite" et de toute comparaison avec le monde extérieur. Ainsi, il
pourra se concentrer et répéter ses bases sans limite de temps. Seule la
sensation des mouvements lui fera découvrir sa progression.L'apprenti
guerrier connaîtra l'entraînement volontaire jusqu'à l'épuisement. Tant
qu'il est dans une bonne forme physique, il exécute des mouvements
musculaires. Il n'associe pas le corps, l'esprit et la respiration. Son
geste est le résultat d'une technique mécanique. L'apprenti guerrier
aurait tendance à penser sa technique pour fournir un moindre effort,
alors que celle-ci doit d'abord être ressentie avant d'être réfléchie. Un
entraînement poussé à l'extrême provoque une fatigue qui rend la réaction
musculaire difficile.
C'est à ce moment que la véritable technique se met en place. Si
le bras qui exécute le mouvement est au bord de l'épuisement, c'est
l'ensemble corps, esprit, respiration qui participera à ce mouvement.
L'épuisement est une étape favorable et nécessaire pour aborder la
sensation.Le débutant traverse souvent des périodes de découragement. II
prend connaissance des paliers où il a l'impression de stagner. En prenant
conscience que le karaté n'est pas une discipline que l'on pratique
temporairement, il arrivera à dépasser ces étapes. La conception de
l'entraînement pendant toute une vie, en vue du perfectionnement, est la
seule vision juste dans tous les arts. Le découragement vient de
l'observation des plus avancés. Lorsque l'apprenti commence à remarquer
les imperfections de ses égaux, il y voit sa propre image et ses
défaillances. A cet instant, il se remet en marche vers la découverte avec
toute son énergie. On a toujours besoin d'un miroir pour observer ses
défauts et les admettre, comme il est aussi difficile de reconnaître
objectivement ses qualités.
L'apprenti guerrier doit être excessif dans son entraînement. Il
faut en faire beaucoup pour trouver. Il deviendra guerrier grâce à sa
ténacité. Pour servir l'art du karaté, il est indispensable de se forger
au mieux avant de se lancer dans n'importe quelle bataille, plutôt que de
juger ceux qui le servent mal.Après deux ou trois années de Karaté, il
faudra qu'il commence sa recherche personnelle. I1 devra s'entraîner seul,
en dehors des cours. Là, il s'apercevra qu'il est difficile de s'imposer
un travail tel que le KIHON, perfectionner un mouvement sans l'appui de
son professeur et sans l'ambiance du cours. Ici, commence la première
étape, l'Apprenti Guerrier.
"Avant de vaincre un adversaire, il faut se vaincre
soi-même
par la
maîtrise du corps et de l'esprit".
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